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Le lien sacré de la semences : histoire, origine et enjeux des graines

Auteur : Pierre-Yves Petit

Pierre-Yves Petit est formateur-consultant indépendant en agroécologie et permaculture.‍ 30 ans d’expériences en matière de production végétale en arboriculture, maraîchage, céréales, touche à tout de l’agriculture, il se passionne pour la création d’agro-écosystèmes résilients.‍ Il accompagne de nombreux professionnels dans leurs projets agricoles ou de territoire notamment au sein de “Vignes en transition” une structure qu’il a créé et qui vise à ramener de la polyculture, de l’élevage et de l’agroforesterie dans le vignoble en contexte méditerranéen.‍

Le lien sacré de la semences : histoire, origine et enjeux des graines

Créé le 25 février 2026

Temps de lecture estimé : 9 minutes

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Nous voici quelques dizaines de milliers d'années en arrière, nomades, chasseurs-cueilleurs, sur des sentiers de migration souvent littoraux entre Afrique, Asie, Europe et Amériques. Mangeurs de pommes, de poires, d'abricots et d'olives, mais aussi choux, blettes et autres « salades » sauvages. Déjà sélectionneurs, peut-être sans vraiment le savoir mais j'en doute..., en transportant des graines au travers de leurs pérégrinations.

Avons-nous humains eu la volonté de déplacer les semences de nos plantes utiles, je trouve cette hypothèse plus que probable et sans doute avec une forme de relation quelque peu sacralisée car porter la semence c'est porter la vie.


Fin de la dernière glaciation : quand le climat transforme les plantes et les populations

Arrive la fin de la dernière glaciation il y a environ 11 000 ans des températures plus clémentes, avec des hivers plus doux, la terre se libère de la glace, la matière organique piégée dans les sols de toundra se minéralise en relâchant de grandes quantités de gaz carbonique ; nourriture aérienne essentielle pour les plantes.

Conséquence ? Les fruits et les graines deviennent plus gros, plus attractifs, plus nutritifs. Les populations humaines augmentent en conséquence de ces nouvelles ressources.


Histoire de l'agriculture : de la sédentarisation à la domestication des plantes

Du paléolithique au néolithique : pourquoi et comment l'homme s'est sédentarisé

Pourquoi et comment la sédentarisation s'est-elle produite ? Plusieurs thèses autour de la démographie, de l'aubaine climatique, économique et environnementale et sans doute malheureusement de par l'accaparement territorial et la coercition étatique.

Le mythe du fratricide de Caïn (agriculteur) sur Abel (berger nomade) symbolise ce passage du paléolithique nomade au néolithique sédentaire et la perte de liberté qui en résulte.

Les premières cultures agricoles dans le monde : blé, riz, maïs et millet

L'apparition de l'agriculture s'est produite à des époques quelque peu différentes en fonction des continents : -12 000 ans en Mésopotamie avec le petit épeautre, l'orge et l'élevage de moutons, -10 000 ans en Chine avec la domestication du riz et du millet, de même pour la Nouvelle-Guinée avec le taro et la banane, idem pour l'Afrique avec mils et sorghos. En Amérique centrale, la domestication du maïs à partir de la téosinthe est apparue vers -8 000 ans.

Mon ami Hervé Coves, agronome et franciscain, définit l'agriculture comme étant « rendre un culte à la terre ».

La semence sacrée : rôle des femmes dans la transmission du savoir semencier

La semence (graine que l'on garde pour la reproduction), sacrée, porteuse de vie et d'avenir, pour les peuples sédentarisés était souvent gardée par les femmes, savantes des techniques de production, de sélection et de stockage. Le soin de la mise en terre et de la récolte étant le plus souvent confié aux hommes.

Une histoire d'amour et de soutien mutuel est née dans cette relation intime de l'humain et de la semence.

Épis de mil en culture sur fond de sarrasin, céréale ancienne cultivée pour la multiplication et la conservation de semences paysannes.

La biodiversité génétique des plantes : une bibliothèque du vivant menacée

Ce que contient une graine : mémoire génétique et adaptation au terroir

Les plantes, nous le savons, ont peu de mobilité. Elles compensent ce handicap en « enregistrant » leur environnement dans leurs gènes.

Les plantes savent aussi, et certaines plus que d'autres, se servir de la mobilité des animaux pour se propager : Michel Valentin, ethnobotaniste contemporain, a écrit ceci : Les plantes ont conquis le monde grâce à leur plus belle conquête : l'Homme.

Les semences sont la vie, elles sont la bibliothèque de chaque plante. Dans leurs gènes se trouvent le quand, le comment ? le avec qui ? Le contre qui ? Le pourquoi ?

La communauté scientifique fut quelque peu contrariée lorsqu'une équipe de chercheurs ont démontré qu'un simple plant de riz possédait deux fois plus de gènes que les humains.

Mondialisation et néolibéralisme : la marchandisation de la semence

Une histoire d'amour, un couple humain-graine, qui dure depuis plus de 10 000 ans qui, de nos jours, face à la mondialisation et au néolibéralisme, se trouve quelque peu corrompue.

J'aime les plantes, je les trouve belles et fascinantes et je suis choqué par l'avidité et la cupidité des humains qui cherchent à s'accaparer la semence, car qui la détient possède un pouvoir sur la faim.

L'érosion génétique des variétés anciennes : un patrimoine semencier en voie de disparition

On estime que plus de 90 % des variétés de blé, pommes de terre et autres légumes ont disparu depuis le XIXe siècle au profit des hybrides modernes.

C'est une érosion génétique monstrueuse. Malgré cela, certaines variétés anciennes restent présentes dans certains conservatoires publics ou privés, souvent congelées, et peuvent encore être sauvegardées telles qu'elles ou bien servir de base à des sélections génétiques nouvelles.

Depuis les années 80, quelques semenciers en France et ailleurs proposent des variétés anciennes dans des catalogues « Amateurs » car interdites à la vente aux professionnels en France, non inscrites au catalogue officiel.

Multiplication de semences de pomme de terre ancienne : minuscule tubercule en germination tenu entre les doigts, travail de conservation des variétés potagères.

Semences paysannes et semences industrielles : comprendre les différences

Du grainier au semencier : l'histoire des catalogues de variétés anciennes

La sauvegarde des semences anciennes pose des problèmes éthiques.

De manière traditionnelle, la semence servait à perpétuer les végétaux qui allaient nourrir la famille ou la communauté. Les paysans étaient ceux et celles qui sélectionnaient la semence, qui coévoluaient avec leur terroir, leur climat, leurs usages, autrement dit à leurs propres critères de sélection.

Je me souviens de cette anecdote relatée par Salvatore Ceccarelli, professeur de génétique travaillant sur les céréales méditerranéennes : celui-ci relatait que les bergers bédouins sélectionnaient particulièrement les orges à graines noires type Arabi azwad dont ils nourrissaient leur bétail en complément de la pâture, car, disaient-ils, les moutons et chèvres étaient en meilleure santé et avaient bon poil lorsqu'ils en consommaient.

Épis de blé dur noir à barbes longues tenus dans une main, variété ancienne sélectionnée pour la culture de semences paysannes.

L'ère industrielle avec la migration des paysans vers les villes (exode rural) a vu l'oubli progressif des techniques semencières (prolétarisation = perte des savoirs et dépendance économique). Toutefois dans le pourtour des villes fleurissaient des jardins ouvriers, le métier de semencier obtenteur prit peu à peu place, les ouvriers jardiniers ayant peu de temps pour faire leurs propres semences et un peu de moyens pour en acheter.

Les semenciers (appelés grainiers à l'époque) étaient des agronomes ou jardiniers spécialisés dans l'obtention de nouvelles variétés. Le fait de faire des croisements sexués appelés hybridations, d'obtenir de nouvelles accessions à partir de ces croisements, a considérablement popularisé de nouvelles obtentions végétales tout en propageant également des variétés locales traditionnelles.

Les catalogues de vente par correspondance comme le fameux Vilmorin/Andrieux, 1766 puis 1850, avec ces 46 planches lithographiées parfois en couleur et leur calendrier de semis et plantations, ont largement contribué à la spécialisation des grainiers sur des végétaux particuliers : légumes, blés, fourrages, arbres fruitiers. Souvent les légumes décrits dans ces catalogues portaient le nom de leur localité d'origine : Poireau monstrueux de Carentan, melon cantaloup de Vauriac, courge galeuse d'Eysine...

Semences hybrides F1 et variétés populations : avantages, inconvénients et différences

L'hybridation est un terme latin (ibrida) qui désigne un animal de sang mêlé comme le croisement d'une truie ou d'un sanglier, qui prend une connotation presque contre nature. En outre, ce mot est influencé par le terme hybris ou ubris qui indique la démesure, l'excès. Il est vrai que l'hybridation, tout du moins dans sa première génération appelée F1, bénéficie d'une vigueur nouvelle appelée hétérosis due à la recombinaison des gènes de parents éloignés. Une particularité des semences hybrides F1 est que les plantes obtenues sont très homogènes en termes d'aspect et de production, ce qui les rend prévisibles tant pour le producteur que pour le marché. La seconde particularité qui a donné aux hybrides F1 une mauvaise réputation est que si elles sont resemées, alors la seconde génération (F1 × F1) sera hétérogène et perdra donc sa prévisibilité agronomique et économique.

Souvent on entend que le paysan ne peut pas ressemer les graines issues de ses plants F1 car ceux-ci seraient stériles, ce qui est totalement faux — sinon comment obtenir de nouvelles variétés par croisements ?

À l'inverse, une variété non hybride dite population est assez hétérogène : une salade population donnera des individus plus ou moins gros, plus ou moins colorés et la maturité, donc la récolte, sera plus étalée (pour tout dire elle est variée, d'où le nom de variété). Une variété doit être variée car si, par trop de sélection, on appauvrit sa génétique, elle peut devenir plus sensible à diverses maladies.

OGM, brevets et dépendance des agriculteurs : quand la semence devient un outil de contrôle

Dans les années 80 apparaissent les semences OGM proposées pour résister à tel et tel ravageur ou bien pour que la culture devienne résistante aux herbicides comme le glyphosate (Roundup). C'est le cas de la plupart des cultures de soja en Amérique dont les champs sont aspergés de cet herbicide et dont les semences ont été modifiées génétiquement avec les séquences d'ADN d'une bactérie résistante au glyphosate.

La problématique ici est que les agriculteurs n'ont pas le droit de réutiliser les semences qu'ils auraient obtenues à partir de leur culture OGM car celles-ci sont brevetées, mais aussi que les paysans s'habituent à ce type de semences (une autre forme de prolétarisation). Aussi, les « mauvaises herbes » finissent tôt ou tard par devenir résistantes aux herbicides... et les rendements finissent par chuter.

Le producteur de semence OGM s'accapare donc le vivant pour satisfaire les besoins de son économie propre, qui est basée d'une part sur la vente des semences et d'autre part sur la vente des pesticides.

Qui dit pesticide dit toxicité et potentiellement cancer et autres maladies. Combien d'agriculteurs ont perdu la vie en voulant « sauver leur culture »... Marché juteux vu que ceux qui vous empoisonnent produisent aussi les remèdes...


Vers une agriculture semencière résiliente : recherche participative et savoir paysan

Recherche agronomique et semences : entre intérêts industriels et bien commun

De nombreux instituts de recherche agronomiques, publics ou privés, se sont penchés sur la problématique de la semence, mais bien souvent avec un biais qui est celui d'adapter la semence aux technologies de l'agriculture moderne, comme le labour, les engrais, l'utilisation de pesticides...

Cette recherche va à l'encontre du bien commun qui serait de rechercher, à travers les variétés populations traditionnelles, de nouvelles variétés peut-être issues d'hybridations de celles-ci ou de mutations spontanées, afin que ces semences et les produits de ces semences soient adaptés aux terroirs et aux effets du changement climatique.

Blés anciens et semences paysannes : l'exemple de la recherche participative

Heureusement, certains chercheurs et chercheuses atypiques comme Véronique Chable et Isabelle Goldringer (Inrae) se sont associés à des paysans chercheurs du réseau Semences Paysannes pour mener des expérimentations semencières, notamment sur les blés anciens, avec des résultats agronomiques avérés. La plupart des participants étant paysans / meuniers / boulangers, les résultats des différents croisements de blés obtenus ont pu être testés aux champs, au moulin, au four et enfin dans l'assiette par les principaux concernés.

Apprendre les techniques semencières : cultiver la résilience et renouer avec le lien sacré

Apprendre les techniques semencières et plus largement apprendre à multiplier ces plantes, c'est donc cultiver la résilience et reprendre le chemin du lien sacré qui nous relie à elles.

Formations en lien

Multiplier ses plantes maraîchères horticoles et faire des semences

Format :
presentiel
Durée :
21 heures
Date :
19/10/2026 au 21/10/2026
Formateur(s) :
Pierre-Yves Petit
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